
La musique traditionnelle de Mongolie, d’une richesse vocale incroyable, est transmise chez les nomades de génération en génération par la voie orale. C’est ce que Tserendavaa a réalisé avec son fils Tsogtgerel âgé de 18 ans. Dans leur famille, on est musicien depuis plusieurs générations.
Routes Nomades propose, pour la première fois en Europe, de les faire venir jouer en famille et de donner à entendre une musique qu’ils pratiquent au quotidien. C’est au pied du Mont Jargalant Altaï, dans l’Ouest de la Mongolie, à Chandman, que se perpétue dans son berceau une partie de la tradition du xöömij (chant diphonique Mongol).
Tserendavaa est l’un des plus grands maîtres actuels de cette technique vocale si singulière. Leur concert met en avant ce trésor dont ils sont les nobles représentants. Pour nous emmener en voyage à travers leur région, ils interprètent aussi des chants longs urtiin duu, des chants courts bogino duu, des chants de louanges magtaal, le sifflement isgeree, en s’accompagnant de leurs guimbardes aman xuur, de la flûte limbe, des vièles à tête de cheval moriin xuur et du luth tovshuur.
Il est né en 1955 à Chandman dans la province de Xovd, en Mongolie. Il réside dans la province de Chandman depuis toujours et vit comme éleveur nomade et chanteur professionnel de xöömij. Son apprentissage du chant diphonique s’est fait dans le cadre pastoral par l’imitation de son entourage. Ses professeurs ont été Olmiibat, Maxanchuluun, Margat, Sundui et Tsedee. Depuis les années 1980, il joue dans le monde entier : France, Grande-Bretagne, Allemagne, Portugal, USA, Russie, Japon, Chine...
Tserendavaa avec plusieurs chanteurs de sa région a été l’un des principaux acteurs du développement que le chant diphonique a connu en Mongolie.
Il pratique sept types de xöömij qu’il a transmis progressivement à Tsogtgerel: l'uruuliin xöömij (xöömij avec battements de lèvres), le tagnai xöömij (xöömij palatal trillé), le bagalzuuriin xöömij (xöömij de gorge), le xamriin xöömij (xöömij nasalisé), le tseejni xondiin xöömij (xöömij de poitrine), le xargia xöömij (xöömij profond), et le xosmoljin xöömij (xöömij combiné) qui est le nom qu’il donne à son style personnel.
Tserendavaa s’accompagne du luth tovshuur et de la vièle ekel. Il interprète avec ces intruments les chants de louanges magtaal et les légendes de sa région.
Comme beaucoup de bergers il connaît aussi les chants longs urtiin duu, qui sont chantés le plus souvent dans des cérémonies traditionnelles.
Dans un souci de développer l’art du xöömij, Tserendavaa chante avec son style xosmoljin les mélodies des chants longs. Ce style combine le chant du texte et celui des harmoniques simultanément. Lui et son fils font partie des rares chanteurs diphoniques à y parvenir.
Suite
Né en 1990, c’est dans le contexte de la vie pastorale des bergers de l’Altaï (Ouest mongol) que Tsogtgerel a reçu l’enseignement de son père Tserendavaa qui l’a lui-même assimilé des aïeux, par l’écoute et l’imitation. Tsogtgerel a commencé son apprentissage du chant diphonique mongol à l’âge de 13 ans. L’entraînement se fait par imitation, reproduction et lorsque la technique apprise est jugée bonne, il peut la transformer afin de se l’approprier. C’est en gardant les troupeaux de sa famille, ou dans son campement de yourtes, nomadisant 5 à 6 fois par an entre le Mont Jargalant Altaï et le lac Xar Nuur dans la province de Chandman, que Tsogtgerel a pu maîtriser rapidement les techniques diphoniques de son père.
Dès l’âge de 16 ans, reconnu comme jeune virtuose par la communauté des chanteurs diphoniques de sa région, il est envoyé à l’université d’Art et de Culture d’Oulan Bator apprendre le xöömij avec un autre maître, Baatariin Odsuren. Tserendavaa souhaitait qu’il aille au-delà de son enseignement pour enrichir sa pratique.
Il est aussi joueur de vièle à tête de cheval (moriin xuur). Il a commencé à l’apprendre avec son père, sous la yourte, puis avec Tuvshin, l’un des derniers professeurs de cet instrument à avoir conservé le style de l’Ouest de la Mongolie. Il continue de l’étudier à l’université.
Tsogtgerel a participé à des concerts en Mongolie avec son père ou avec ses amis. Il est venu pour la première fois jouer hors de son pays à l’occasion de la tournée que nous avons organisés l’été 2006 en France et au Portugal. L’hiver 2006, il est parti jouer au Japon avec des élèves de son université.
Musique et chants de tradition populaire Mongolie (various artists)
Grem G7511, Compilation enregistrée en septembre et octobre 1985
Mongolia, Living music of the steppes, instrumental music and song from Mongolia
Multicultural Media MCM 3001
Ed. JVC 1997, Japon
Jargalant Altaï « xoomii and other vocal and instrumental music from Mongolia »
Pan Records PAN 2050CD ethnic series
Compilation enregistrée en septembre et octobre 1994 avec les archives de la radio Mongole (enregistrements entre 1960 et 1991)
Chandman’Song « traditionnal Mongolian melodies sung in Khoomii (overtone singing) » Amina Records TS001
Enregistré en septembre 2000 à Chandman, Mongolie
Music and song of Mongolia Live at Cambridge, England (various artists)
Cassette Global Arts GA1
Enregistré le 5 août 1988
Music from Mongolia, Live at the Asia Society, New York, USA (various artists)
Cassette, enregistrée le 7 octobre 1987
Mongol Music (various artists)
Cassette de la radio Mongole
Tserendavaa et Tsogtgerel : Chant diphonique de l’Altai Mongol
Production Routes Nomades 2006 (tirage limité à 400 exemplaires, épuisé)
Tserendavaa & Tsogtgerel, Xoer Altai (chants diphoniques de l'Altai Mongol)
CD 16 titres et Dvd bonus 9 titres live au Festival Les Orientales 06. Production Routes Nomades et Buda Musique 2007 (distribution France Universal)
Ecoute et achat en ligne sur le site de Buda Musique: www.budamusique.com
Ushuaia Nature: Mongolie (TF1/Yagan, 90mn couleur, 2004, France)